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Benoît
Pupier
(ancien collaborateur)
par Jeanne
Suhamy
Benoît a travaillé
chez FTPress du
5 octobre 2000 au 28 février 2002 comme journaliste pour
Objectif
Numérique.
Cinéphile, cinémane,
cinévore ? Argentique ou numérique ? Mauvaise
question, définitions futiles. Benoît est un
allumé de l'image animée : un film par jour
en moyenne. Et quand il n'est pas au cinéma, il lit
la presse spécialisée, Les Cahiers, Positif,
Synopsis, ou il écrit des chroniques sur ses derniers
coups de cur, histoire de "prolonger le plaisir"
Impossible de se rappeler le
jour d'obscur éblouissement où le petit garçon
qui voulait devenir astrophysicien a "changé
de star". Mais ses premiers souvenirs, ce sont les
voyages en car où l'on emmène les élèves
du petit village de Senan, près de Joigny (la ville
de Marcel Aymé), voir des films de Walt Disney. Depuis,
il a égaré les 101 Dalmatiens au profit de découvertes
plus délectables, qu'il égrène avec ferveur.
La voix se noue et s'accélère, des noms sacrés
remplissent l'espace ; et défilent en fondu enchaîné
Kubrick (2001, Eyes wide shut), Bergman (Persona),
Bresson (L'argent), Cronenberg (Crash), Desplechin
(Esther Kahn), Eustache (La maman et la putain),
Garrel (Le vent de la nuit, Le coeur fantôme),
Antonioni (L'Eclipse, La Notte, L'aventura), Lynch
(Lost Highway), Dumont (L'Humanité),
Gandrieux (Sombre), Carax (PolaX, Girl meets boy),
Tarkovsky (Le miroir, Le sacrifice, Nosthalgia), Rivette
(L'amour fou)
Né à Auxerre
et attaché à sa campagne, notre Bourguignon
a un peu bourlingué en France. Raisons officielles
: de très sérieuses études d'ingénieur.
Mais de Versailles ou de Lyon, où il a préparé
Maths Sup et Maths Spé, il se rappelle surtout "les
salles d'art et d'essai" ; et de Marseille, où
il fait l'ESIM (Ecole Supérieure d'Ingénieurs
de Marseille), option informatique, pour apprendre "tout
sur rien", il évoque, rêveur, "des
cinémas intéressants". Tout naturellement,
il choisit un stage de fin d'études dans une société
(Web Studio), spécialisée dans la diffusion
de concerts sur Internet, où il officie comme assistant
réalisateur. Puis il écrit à l'équipe
d'Internet
Actu pour proposer des critiques
de films, avec l'idée d'alimenter une revue Web de
cinéma. Début octobre 2000, Laurent
Katz l'embauche comme journaliste
pour Objectif
Numérique. Benoît découvre
la richesse de l'univers numérique : il s'occupe en
particulier des rubriques Butinage et L'oeil numérique,
coordonne le travail des différents rédacteurs
et de la production, assure le secrétariat de rédaction
et le suivi avec Pharos.
De
toute façon, son rêve ne le quitte pas : un jour,
il fera des films. Il s'entraîne avec des amis, envisage
de passer le concours de la Femis. Son amour fou pour le cinéma,
notre aspirant réalisateur prétend ne pas savoir
l'expliquer ; mais il en parle bien. Quand on a vu tous les
films, ce n'est pas seulement pour le "jeu de miroir
avec sa propre vie", mais aussi pour "le
jeu de miroir entre les films." Et outre ce "jeu
infini de correspondances", c'est un état
physique qu'il décrit, état de transe, d'hypnose,
état d'errance heureuse (de "no man's land")
de celui qui, après la séance, déambule
dans la ville. Benoît vit le cinéma "eyes
wide shut". Le spectacle n'a pas de sens s'il n'est
pas aussi une action : "il y a le film et le travail
du film sur soi."
Il aime aussi
: le foot, la
musique, le chablis, la lecture
mais surtout le cinéma
(d'ailleurs il n'a pas la télé !).
Copyright FTPress, J.S. 2001

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