Can Alaz
informaticien

par Jeanne Suhamy




Can est responsable des développements informatiques chez FTPress.

Il aurait pu s'appeler Isik (Lumière), Umut (Espoir), Ozgur (Libre) ou Onur (Honneur)... Can (prononcer "Djan", en faisant sonner le n), signifie tout simplement "Vie, Ame" (*).

Mais ce n'est pas seulement par son prénom que notre informaticien stanbouliote logé au Père-Lachaise déjoue les clichés de l'homme-machine, épris d'objets inertes et retranché du monde des mortels.

Devant votre mine d'ignare intimidé par ce qu'on imagine être le croisement de l'azéri et de l'asp (**), ou si vous préférez, du php et du khirgize, ce fils du Dîvan rit aux éclats. Tout bouillonnant, sans balises ni ambages, l'expert en cryptographie annonce dans un français (presque) parfait ce qu'il prise avant tout : le jazz, Baudelaire, Gide et Camus, le cinéma, ses copains du lycée Saint-Benoît à Istanbul (qui sont "comme des frères"), son chien Bekir ("petit, athlétique, si mignon"), la cuisine... et la mer.

Et l'informatique alors ? Patience. D'ascendance mi-grecque mi-russe, Monsieur Can (suivons ici l'ancienne mode ottomane), est donc né à Istanbul le 24 août 1977. Dès six ans, il muscle ses petits bras dans le vaste bras qui relie la mer de Marmara à la mer Noire (le Bosphore, alias Gué des vaches, pour les ignares sus-nommés), accomplissant parmi les dauphins de la Corne d'Or et les collines verdoyantes de l'archipel des Princes d'incessants allers-retours entre l’Europe et l’Asie. Quinze ans plus tard, il devient champion national de natation. Quand il n'est pas dans l'eau (douze entrainements par semaine !), la musique parfois le prend comme une mer ("avec des amis qui montaient un groupe de jazz-rock progressif"). Le Kaan (***) du papillon fréquente un lycée bilingue turc-français (Saint-Benoît, sus-cité) et envisage des études de génétique.

C'est à l'université francophone de Galatasaray (au bord du Bosphore), qu'il plonge dans l'informatique. Après quatre ans passés au coeur des systèmes et un mémoire en ingénierie et technologie, il obtient son diplôme d'ingénieur informatique. Il fonde un groupe d'utilisateurs GSU-LinuX ("je n'ai pas trop la culture Windows"), qui publie une version turque de Linux. En 2000, l'Institut national des Télécommunications (INT) demande un étudiant pour un projet de réseau optique multiservices en collaboration qui engage France Telecom, Alcatel, l'Université d'Orsay et le CNRS. Can est sélectionné et part pour la France en septembre. Pendant un an, quasi-seul (avec un thésard slovaque), il réalise la simulation du réseau et teste ses performances. Suit une période de démêlés ubuesques avec l'administration française pour obtenir sa carte de séjour... jusqu'à ce jour de juin 2002 où sa propriétaire lui envoie par e-mail Internet Actu. Can examine le site de FTPress, dont "le côté transparent" ("les portraits surtout", merci) le séduit... et envoie sa candidature.

Depuis septembre 2002 chez FTPress, il est chargé des développements informatiques (Optile, GF2i, Cavec...). Particularité : tandis que ses collègues agitent leurs pinceaux sur la mer du web avec des cris de mouettes, il reste toujours calme comme un albatros dans la tempête.

Ultime révélation du sérénissime Khan Can à l'ignarissime j@ Jeanne : le turc est une langue simple ! "Lire en turc, c'est vraiment très très facile, on lit comme on écrit ! Si tu connais l'alphabet, tu sais déjà lire". Heu... et l'informatique, c'est simple comme gunaydin (bonjour, en turc) ?


* : Les prénoms turcs sont ravissants : Ayça (La première vue de la lune, prénom de son amie), Gamze (Fossette, prénom de sa sœur), Dogan (Faucon), Su (Eau), Susum (Mon bijou), Gunes (Soleil), Tan (Aurore), Inci (Perle), Gaye (But), Siir (Poésie)...

** : Grossière erreur. "Je déteste l'asp et je préfère parler C, C++... ou encore python, awk, bash, ada..." Qu'on se le dise !

*** : Kaan (Khan) : Titre (et prénom) turc équivalant à l'origine à celui d'empereur, et porté ultérieurement par des souverains ou des nobles du Moyen-Orient ou de l'Inde.

Il n'aime pas : le manque de franchise.
Il aime :
L'Albatros, le cinéma européen (Code inconnu de Michaël Haneke), les derviches, Miles Davis, sa chaîne hi-fi, Yasar Kemal (Mehmet le mince), nager...
Ce qui lui manque : ses parents, son chien Bekir, le Bosphore.

 

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Textes et photos : Jeanne Suhamy - Réalisation : Léa Galante - Webmaster : Antoine Lapeyre
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