Jeudi 12 décembre 2002
Sommaire
L'edito
L'actualité scientifique
Lien causal entre respiration et viellissement
Le dossier
"Biologie cellulaire : du normal au pathologique"
La vie du département
Un nouveau Laboratoire européen associé Languedoc-Roussillon - Catalogne espagnole en sciences de la vie

SDV pratique
Prix
Michel Lazdunski, un chercheur en or
Carnet
André Verbert, un "glycomaniaque" enthousiaste
Publications
Guide des laboratoires pour les entreprises, les services et les innovateurs
Des chimères, des clones et des gènes
Le monde végétal Du génome à la plante entière

Ce numéro porte sur les nouveaux modèles de la communication scientifique. Cette expression est ambiguë : elle désigne aussi bien la communication dont les scientifiques font usage entre eux, que la communication de leurs découvertes à ceux qu'elles peuvent concerner directement (les utilisateurs), ou indirectement (le grand public). La communication scientifique n'est pas une pièce secondaire ou annexe du travail scientifique : elle est un instrument fondamental, et à ce titre, fait elle-même objet de science. Dans tous ces domaines, Internet transforme les données traditionnelles. Un simple curieux peut avoir accès à une masse d'information, qui, selon l'usage qu'il en fera, et ses capacités, peuvent lui donner un réel savoir ou un dangereux vernis. D'autre part, la gratuité et la rapidité de la diffusion sur Internet bouleverse quelque peu l'ordre traditionnel des publications scientifiques et le rituel des "pre-prints" et de la "reconnaissance par les pairs", assortis à la main-mise des grands éditeurs. Ce numéro est centré autour de la déjà fameuse "initiative de Budapest" qui entend rendre l'initiative, justement, aux chercheurs.

Bernard Pau

L'actualité scientifique

Lien causal entre respiration et viellissement

Comprendre les mécanismes biologiques du viellissement est un objectif fascinant mais complexe vu le rôle du milieu et le contrôle évidemment polygénique du processus. Plusieurs catégories d'arguments expérimentaux nous ont conduits à penser que le métabolisme respiratoire jouait un rôle majeur dans le contrôle de la longévité.

L'étude de ce problème requiert l'utilisation de systèmes modèles comme la drosophile, le nématode Caenorhabditis elegans, la levure Saccharomyces cerevisiae ou le champignon filamenteux Podospora anserina. Chez cette dernière espèce, G. Rizet montra dès 1953 que toutes les souches de ce champignon, quelles que soient les conditions de culture, avaient une croissance végétative limitée et que le processus "nature" qui limite de manière inéluctable cette croissance végétative était un processus de sénescence. Dans les années 1980, le laboratoire de Léon Belcour au CNRS de Gif-sur-Yvette et un laboratoire allemand (K. Esser) montrèrent que les mitochondries étaient impliquées dans ce processus et que le viellissement dans cette espèce était systématiquement accompagné de modifications spécifiques du chromosome mitochondrial. Notre travail se situe dans la lignée de celui de L. Belcour.

Afin de tester directement l'hypothèse de l'implication du métabolisme respiratoire dans le contrôle de la longévité, nous avons remplacé un gène nucléaire codant une sous-unité essentielle de la cytochrome oxydase (complexe enzymatique terminal de la chaîne respiratoire) par un gène inactif. Bien que Podospora anserina soit un organisme aérobie strict, cette inactivation est viable grâce à l'existence, chez cet organisme, d'une seconde voie respiratoire (dite alternative). De telles voies, inexistantes chez les animaux, sont présentes chez les plantes et certains protistes.
L'étude du mutant ainsi obtenu révèle que l'absence de cytochrome oxydase, donc de respiration utilisant la voie "normale", et/ou l'utilisation exclusive de la respiration alternative conduit à une croissance ralentie, à une diminution du taux de radicaux libres et à une augmentation spectaculaire de la longévité. Alors que, dans nos conditions de laboratoire, les cultures de la souche sauvage arrêtent de croître vers 10-15 cm (15-20 jours), la plupart des cultures mutantes ont dépassé 2,50 m (plus de 2 ans) et poussent toujours. Par ailleurs, ce mutant présente une très forte stabilisation de son chromosome mitochondrial.
Ces données démontrent de façon non équivoque un lien causal entre activité respiratoire et longévité : puisque la perte de la fonction "cytochrome oxydase" est cause d'"éternité", cela signifie que la fonction respiratoire "normale", seule présente dans la plupart des espèces et normalement utilisée chez P. anserina, contribue à la limitation de la longévité.
Chez de nombreux organismes, dont l'homme, les données montrant une corrélation entre sénescence et dysfonctionnement mitochondrial sont nombreuses. Cependant, jamais de relation de causalité entre une fonction donnée et le viellissement n'avait été établie jusqu'à présent.
Quels sont les mécanismes en jeu dans ce lien de cause à effet entre respiration et vieillissement ? Plusieurs hypothèses peuvent être émises. Elles se situent dans le cadre de la théorie du métabolisme énergétique ou théorie du "taux de vie", fondée sur l'observation d'une corrélation inverse entre longévité et taux métabolique. L'utilisation de l'oxydase alternative entraîne une diminution importante de la production énergétique. En effet, la principale source d'énergie dans les organismes aérobies est stockée sous forme de molécules d'ATP. Ces molécules sont synthétisées dans les mitochondries via un transfert d'électrons le long de la chaîne respiratoire dont le composant terminal est la cytochrome oxydase. L'utilisation exclusive de la respiration alternative est cause d'une réduction d'environ 2/3 de la production d'ATP. Cette déficience énergétique pourrait être un facteur important dans l'augmentation de la longévité. De plus, il est possible que l'oxydase alternative ait un rôle antioxydant. Ces différentes hypothèses sont actuellement testées au laboratoire.

Nos résultats pourraient avoir des implications importantes dans la compréhension du contrôle de la longévité et des mécanismes de viellissement dans des systèmes biologiques variés. En effet, bien qu'il y ait probablement, suivant la structure biologique des espèces, des mécanismes multiples responsables du viellissement, certains sont vraisemblablement communs à la plupart des espèces. Le rôle, établi ici, de l'activité respiratoire sur la longévité pourrait être l'un de ces facteurs communs.

Référence
Dufour E. et al., 2000, Proc. Natl. Acad. Sci USA, 97, 4138-4143

Contact chercheur :
Annie Sainsard-Chanet : Annie.Sainsard@cgm.cnrs-gif.fr
Centre de génétique moléculaire
CNRS - Gif-sur-Yvette
+33 1 69 82 38 82



Dossier

"Biologie cellulaire : du normal au pathologique"
Un bilan

Daniel Louvard, directeur de recherche au CNRS, dresse ici le bilan - très positif et encourageant - de cette action soutenue par le département des Sciences de la vie du CNRS depuis 1996.

Interview vidéo
Biologie cellulaire

Ce programme, mis en œuvre à la fin de l'année 1996 grâce au concours d'un comité international, présidé par Daniel Louvard, constitué de personnalités françaises et étrangères spécialistes du domaine, a sélectionné cinquante projets de recherche financés pour une période de deux ans.
Parmi ces cinquante projets, dix équipes financées par le CNRS dans le cadre de l'action soutenant les jeunes chercheurs (programmes ATIPE) ont obtenu un financement pour mener à bien leurs recherches. La répartition sur le territoire national de ces équipes associées au CNRS était équilibrée, de même que la représentation des grandes orientations scientifiques dépendant de ce domaine.
Les cinquante responsables de projets ont fourni un rapport à mi-parcours, c'est-à-dire après un an de financement, qui a été transmis à la direction du département des Sciences de la vie. Quant aux rapports finaux qui accompagnent ce bilan, ils ont été remis par les équipes concernées et illustrent bien les travaux qui ont pu être poursuivis grâce à ce financement.

 

Le bilan des recherches accomplies, concrétisées par ces quelque deux cents publications, nécessite un commentaire complémentaire : il faut en effet souligner non seulement le nombre élevé de publications - en moyenne trois publications par an et par projet -, mais aussi le facteur d'impact élevé des journaux dans lesquels ces travaux ont été publiés. En effet, la moyenne des publications permet de calculer un facteur d'impact de 7,90. On notera également que 54 publications ont paru dans des journaux d'impact supérieur ou égal à 10.

L'analyse des travaux publiés montre que, dans leur très grande majorité, les équipes concernées ont suivi le programme de recherche qu'elles s'étaient fixé et que certaines d'entre elles ont dépassé leurs objectifs. Les travaux réalisés ont été accomplis par l'équipe demandeuse, qui a souvent conduit cette recherche en association avec d'autres équipes ayant bénéficié de ce financement. En outre, dans le cours de la réalisation de ce projet, d'autres collaborations ont été initiées pour progresser dans une recherche compétitive.

Une autre remarque particulièrement satisfaisante est la participation nombreuse de jeunes équipes à ce programme et l'implication de doctorants qui ont ainsi pu être formés à une recherche de qualité dans les laboratoires du CNRS, tout en bénéficiant d'un financement comparable à celui que des responsables de projets de même type peuvent obtenir d'autres organisations nationales ou internationales. Il faut noter, une fois n'est pas coutume, que, dans le cadre de cette action, la dotation annuelle des équipes - comprise entre 200 000 et 400 000 francs pour une période totale de deux ans - a permis à certains laboratoires de s'engager dans une recherche innovante, qui s'est traduite, à la fin, par des résultats publiés dans d'excellentes revues internationales.

Zoom sur un Labo
Conclusion et recommandations

Conclusion et recommandations

En conclusion, on pourrait regretter que de plus nombreuses actions de ce type ne puissent plus être régulièrement mises en œuvre par le CNRS pour soutenir des projets et l'émergence d'une communauté scientifique active et capable de générer des recherches innovantes, comme le faisait autrefois la DGRST. A l'issue de ce programme, qui a démontré sa capacité à fédérer les équipes les plus méritantes, on pourrait envisager une réunion scientifique au cours de laquelle les participants à cette action présenteraient leurs travaux et établiraient ou renoueraient des liens de coopération, confortant ainsi un tissu de recherche qui s'est développé au cours de ces trois dernières années.
Une telle réunion aurait pour avantage de structurer la discipline, de permettre aux étudiants et chercheurs de niveau post-doctoral d'élargir leur horizon et de mieux connaître les laboratoires qui, en France, travaillent dans ce domaine, et de créer ainsi les conditions d'une mobilité, tant réclamée, des personnels des organismes publics de recherche.

Au moment où la recherche sur le génome et la génomique fonctionnelle bénéficient ou vont bénéficier de soutiens financiers importants, il me paraît pertinent de souligner l'importance des travaux réalisés dans le secteur de la biologie moléculaire de la cellule et en particulier des recherches orientées vers l'analyse des mécanismes moléculaires intégrés à l'échelle cellulaire, que les cellules soient normales ou responsables de processus physiopathologiques. Les travaux réalisés par ces équipes constituent des valeurs sûres pour la mise en œuvre de projets de recherche dans le domaine de la génomique fonctionnelle, de recherches post-génomiques ou plus généralement ayant pour objectif l'étude expérimentale de la fonction de gènes et de leur rôle dans diverses pathologies affectant les espèces animales et l'espèce humaine.

Un effort financier important a été consenti par la direction des Sciences de la vie du CNRS pour soutenir des équipes dans des domaines de recherche trop souvent délaissés au profit d'actions médiatisées. Les laboratoires concernés, qui ont démontré leur sens de la compétition et leur aptitude à faire avancer la science, devraient être associés aux réflexions futures et aux actions programmées si l'on souhaite que la connaissance du génome puisse se traduire par une mise à disposition de meilleurs outils diagnostiques et thérapeutiques.

Daniel Louvard
directeur de recherche au CNRS
UMR 144 CNRS-Institut Curie
Paris

Le tableau récapitulatif des travaux publiés ou en cours de soumission et l'étude bibliométrique ont été réalisées, respectivement, par Christine Tarenne, du secrétariat de la direction de la section de Recherche de l'Institut Curie, et Frédérique Berger, documentaliste au sein de la section de Recherche de l'Institut Curie.


Liste des membres
du comité international d'évaluation


Appel d'Offres CNRS "Biologie Cellulaire : Du Normal au Pathologique"
Pascale COSSART Institut Pasteur
Laboratoire de génétique moléculaire des Listéria
Paris
Anne-Marie LAMBERT Institut de biologie moléculaire des plantes
UPR 406 CNRS
Strasbourg
Ethel MOUSTACCHI Institut Curie - Section de Recherche
UMR 218 CNRS-Institut Curie
Paris
Marc BLOCK LEDAC Institut Albert Bonniot
Faculté de Médecine
UMR 5538 CNRS-Université Grenoble I
La Tronche
Michel BORNENS Institut Curie - Section de Recherche
UMR 144 CNRS-Institut Curie
Paris
Pierre CHARDIN IPMC -
UPR 411 CNRS
Valbonne
Pierre GOLSTEIN Centre d'immunologie de Marseille-Luminy
UMR 145 CNRS-INSERM
Marseille
Roger KARESS Centre de génétique moléculaire
UPR 9061 CNRS
Gif-sur-Yvette
Michel LABOUESSE IGBMC
UPR 6520 CNRS
Illkirch
Daniel LOUVARD Institut Curie - Section de Recherche
UMR 144 CNRS-Institut Curie
Paris
Paul MANGEAT Université Montpellier II
UMR 5539 CNRS-Université Montpellier II
Montpellier



La vie du département

Un nouveau Laboratoire européen associé Languedoc-Roussillon - Catalogne espagnole en sciences de la vie

"Ecosystèmes méditerranéens dans un monde changeant", tout un programme pour le nouveau laboratoire européen associé dont la convention a été signée le 20 juin 2000 à Montpellier entre le CNRS et ses partenaires catalans.

En 1992, le CNRS a créé le concept des laboratoires européens associés (LEA), amorçant ainsi la construction de l'espace européen de la recherche par la communauté scientifique. Les LEA sont des structures regroupant par une convention des équipes appartenant à deux ou trois pays européens décidées à mettre en commun pendant quatre ans renouvelables des ressources humaines et matérielles pour réaliser un programme de recherche défini conjointement. Plus récemment, le besoin exprimé par la communauté scientifique de disposer d'une structure labellisée de soutien aux coopérations multilatérales a conduit le CNRS à proposer à des partenaires la création des groupements de recherche européens (GDRE). Les LEA et les GDRE sont de véritables laboratoires internationaux, multilocalisés, répondant aux besoins actuels d'organisation de la recherche scientifique et technologique.

Un nouveau laboratoire européen associé baptisé "Ecosystèmes méditerranéens dans un monde changeant" a été créé le 20 juin 2000 à Montpellier entre le Cefe (Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive, UPR 9056 CNRS) à Montpellier, le Creaf (Centre de Recerca Ecològica i Aplicacions Forestals) à l'Université autonome de Barcelone et le département de biologie végétale de l'Université de Barcelone.
Une quarantaine de chercheurs des deux régions sera impliquée dans cette association méditerranéenne. Les principaux thèmes de recherche seront :

• écologie, biologie et génétique des espèces envahissantes, colonisatrices ou rares ;
• relations entre les traits biologiques des espèces et leurs réponses aux perturbations du milieu, notamment dans le cas d'un changement d'utilisation des terres ;
• fonctionnement des écosystèmes et des paysages en termes de flux d'énergie et de matière et développement de nouveaux outils d'analyse ;
• évolution des paysages et sa relation avec les changements d'utilisation des terres ; Développement de modèles de simulation à différentes échelles.

La collaboration entre le Cefe et les laboratoires catalans s'inscrit dans la perspective de la mise en place d'un réseau européen qui permettra le suivi à long terme de l'évolution des écosystèmes méditerranéens. Pour la France, ce site correspond aux garrigues du Nord-Ouest de Montpellier où le Cefe a déjà implanté d'importants équipements de mesure.

Ce LEA vient s'ajouter aux quatre LEA franco-catalans déjà existants, dont deux en sciences de la vie :
• le LEA " Biologie moléculaire et cellulaire végétale ", qui a vu le jour en 1992. Il associe le laboratoire Génome et développement des plantes de Perpignan (UMR CNRS-Université de Perpignan-Institut de recherche pour le développement) et le Centro de Investigaciones y Desarollo (Departamento de Genética Molecular - CSIC) de Barcelone.
• le LEA " Sciences de la mer ", créé en 1996 entre l'observatoire océanologique de Banyuls (FR CNRS-Université Paris VI), le laboratoire de stabilité de l'écosystème corallien (URA CNRS-Université de Perpignan) et le laboratoire de sédimentologie et géologie marines de Perpignan (URA CNRS-Université de Perpignan) pour la partie française et le Centro de Estudios Avenzados de Blanès (CSIC), le Departamento de Geologia Dinamica, Geofisica y Paleontologia, le Departamento d'Ecologia et le Departamento de Microbiologia (Université de Barcelone) pour la partie espagnole.

La création de ce nouveau LEA confirme le souhait du CNRS de continuer à développer les collaborations scientifiques entre les unités de recherche du Languedoc-Roussillon et les laboratoires de la Catalogne.



SDV pratique

Prix

Michel Lazdunski, un chercheur en or

La direction générale du CNRS a attribué la Médaille d'Or du CNRS pour l'année 2000 à Michel Lazdunski, professeur à la Faculté de médecine de l'Université de Nice - Sophia Antipolis, directeur de l'Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire du CNRS. Spécialiste mondila des canaux ioniques, Michel Lazdunski est l'auteur, avec son équipe, de travaux internationalement reconnus tant sur le plan fondamental que sur celui de leurs applications pharmacologiques et pathologiques.

Le début de la carrière de Michel Lazdunski a porté sur l'analyse des propriétés de structure spatiale des protéines, des interactions protéines-protéines et des mécanismes de catalyse enzymatique. Ces travaux lui ont valu la médaille d'argent du CNRS. Depuis environ 25 ans, Michel Lazdunski consacre l'essentiel de sa recherche aux canaux ioniques, dont la première fonction est d'être les microgénérateurs d'électricité biologique qui permettent aux cellules du système nerveux de communiquer entre elles et avec leurs organes cibles, aux cellules musculaires et vasculaires de déclencher leur contraction, aux cellules cardiaques de déclencher la contraction rythmique, aux cellules du système endocrine de déclencher la sécrétion d'hormones.
L'équipe dirigée par Michel Lazdunski a joué un rôle de pionnier dans l'exploration de la nature moléculaire et du fonctionnement de ces canaux ioniques en combinant des approches expérimentales de biochimie, de biologie moléculaire et cellulaire, d'électrophysiologie et de pharmacologie. Elle a, en outre, réussi, en utilisant un arsenal pharmacologique très divers et sophistiqué, à apporter un éclairage nouveau sur le rôle de ces canaux ioniques et d'autres systèmes de transport d'ions dans la compréhension de certaines perceptions sensorielles ainsi que dans celle de la douleur, ou celle de l'action des anesthésiques volatils. Leurs travaux ont aussi débouché sur la compréhension de pathologies aussi variées que l'hypertension, les anomalies du rythme cardiaque, l'insuffisance cardiaque, l'ischémie cérébrale et de la moelle épinière, l'épilepsie, les pathologies musculaires, le diabète, la mucoviscidose, les atteintes rétiniennes dues au glaucome, etc. L'ensemble de ces recherches font de Michel Lazdunki et de son équipe les spécialistes mondiaux des canaux ioniques et de leur pharmacologie.

Né en 1938 à Marseille, ingénieur chimiste en 1959, Ph. D. en chimie-physique en 1962, Michel Lazdunski obtient un doctorat ès sciences en biochimie en 1964. Entré au CNRS en 1962 comme attaché de recherche à l'Institut de biochimie du CNRS à Marseille, il y dirige dès 1964 un petit groupe de physicochimie des protéines. Puis, en 1967, il prend la tête du groupe de physicochimie des protéines et enzymologie, qu'il anime jusqu'en 1973 au sein du Centre de biochimie et de biologie moléculaire du CNRS de Marseille. Il crée alors à Nice le Centre de biochimie du CNRS qu'il dirige jusqu'en 1989, année au cours de laquelle il fonde l'Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire du CNRS (IPMC) à Sophia Antipolis, dont il est le directeur depuis l'origine.
Parallèlement à sa carrière scientifique, Michel Lazdunski a consacré beaucoup de son temps à l'enseignement. Professeur à l'Université de Marseille depuis 1965, puis à la chaire de biochimie de l'Université de Nice, il est nommé professeur à l'Institut universitaire de France en 1991, titulaire de la chaire de pharmacologie moléculaire.
Tout au long de sa carrière, Michel Lazdunski a participé à de nombreux instances d'évaluation ou d'orientation de la science, et s'est impliqué au plus haut niveau dans la stratégie d'associations caritatives. Il est actuellement membre du Conseil scientifique du CNRS et du Comité national de coordination des sciences du vivant.
Médaille d'argent du CNRS en 1976 pour ses travaux portant sur l'enzymologie et la structure des protéines, Michel Lazdunski est lauréat de plusieurs prix prestigieux : Grand prix de l'Académie des Sciences Charles-Léopold Mayer (1983), prix de la Fondation Athéna-Institut de France (1991), Grand prix de l'Académie des Sciences pour la recherche d'intérêt médical et, avec son équipe, le Neuroscience Award de la Fondation Bristol-Myers la même année. Il est membre de l'Academia Europaea depuis 1989 et de l'Académie des Sciences française depuis 1991.
Michel Lazdunski est officier de la Légion d'honneur et de l'Ordre national du mérite.

Carnet

André Verbert, un "glycomaniaque" enthousiaste

Récemment, deux de nos collègues chercheurs, Marc Leng et André Verbert, nous quittaient brutalement. Nous rendons ici hommage à ces scientifiques internationalement reconnus.


Publications

Guide des laboratoires pour les entreprises, les services et les innovateurs

Ce guide est un outil indispensable à toute entreprise voulant améliorer son fonctionnement, ses techniques, ses produits et innover pour gagner en compétitivité.
1000 unités de recherche présentent leurs objectifs, leur savoir-faire et les équipements dont elles disposent, aux travers de fiches synthétiques classées par régions.
Des index de laboratoires et de mots-clés permettent une recherche aisée.
Le guide d'un coût de 270 frs, est disponible uniquement sur commande à l'adresse suivante :
CNRS Editions
151 bis rue Saint-Jacques - 75005 Paris
Tél. : + 33 1 53 10 05 05

Contact : Christelle Poulain


Des chimères, des clones et des gènes

Ce livre a pour ambition de donner au lecteur une idée de ce qu'est le développement des organismes et l'état actuel des recherches dans ce domaine. Il se propose de révéler l'extraordinaire diversité des facteurs et des processus qui, ensemble, président à la formation d'un être vivant. Après la brebis Dolly et les cohortes de moutons et de veaux clonés, chacun est en droit de se demander si on n'en viendra pas un jour à appliquer ces méthodes à l'espèce humaine. Voilà qui suscite des espoirs et des craintes qui doivent être évalués raisonnablement." N.L.D. Nicole Le DOUARIN est professeur au Collège de France, Secrétaire perpétuelle de l'Académie des sciences, de la National Academy des Etats-Unis et de la Royal Society de Londres, elle a dirigé l'Institut d'Embryologie cellulaire et moléculaire (CNRS).

Odile Jacob Editeur


Le monde végétal Du génome à la plante entière

Ce rapport de l'Académie des Sciences (rapport sur la science et la technologie n° 10) présente l'actualité des recherches sur le monde végétal, en se limitant aux plantes supérieures à cause de leur importance en agriculture. Il fait le point des toutes dernières avancées dans la connaissance de leur génome, de leur reproduction et leur développement, de leur métabolisme, de leur statut hydrominéral et de leur capacité de réponse aux contraintes environnementales, de même que des interactions avec les facteurs biotiques du milieu. Sont abordées également les questions de la biodiversité, de la transgenèse, et des conséquences en termes d'applications dans le domaine agricole. Dans le but de garantir le meilleur développement des sciences végétales pour le bénéfice même de la société, les auteurs présentent différents ordres de recommandations, en termes d'orientations scientifiques, d'organisation de la recherche, de formation et de réponse à la demande sociale.

Editions TEC & DOC

BIO est une publication trimestrielle du Département des Sciences de la Vie du Centre national de la Recherche scientifique.

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Rédactrice en chef : Françoise TRISTANI
Rédacteur en chef délégué : Bruno de LA PERRIERE

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