Laurent Katz
alias Le Maître du Pixel
(ancien collaborateur)

par Jeanne Suhamy

 

Laurent est le fondateur et le rédacteur en chef de Objectif Numérique.

Faire le portrait du rédacteur en chef de Objectif Numérique revient un peu à vouloir attraper un oiseau ou tirer la barbichette d'un prestidigitateur. Plus vif et malicieux qu'une pie voleuse d'âmes, à peine avez-vous dégainé votre Olympus (deux mégapixel et demi, ma chère) qu'il vous montre en riant votre propre image dérobée en douce et engrangée dans sa boîte à lui, une merveille ultra-sophistiquée où défilent, comme dans un dessin animé, les silhouettes affairées de la pépinière : "je prends toujours des photos, partout !"

Ce goût pour l'image remonte à l'enfance. A six ans, sur un bateau qui l'emmène vers les Baléares, il filme sa première scène avec la caméra de ses parents 9,5 mm. Au même moment il perd sa première dent de lait. A neuf ans, il reçoit son premier appareil photo, et s'empresse de le démonter "pour voir comment c'est à l'intérieur". Premiers clichés, premières impressions en noir et blanc : les rues, les ciels et les gens de son quartier, Ménilmontant. Plus tard, il assouvit sa curiosité pour la technique en devenant informaticien, chez Philips et à la Norwich, puis traducteur de documentation informatique à la CEGOS pour IBM. Cette expérience le conduit au journalisme : il écrit dans ST Magazine sur les logiciels graphiques et la mise en page, dans Micro Impression, journal consacré à la PAO et aux arts graphiques, comme rédacteur en chef, et dans le cahier infographie d'Univers Mac. Puis, quittant le giron du groupe Pressimage, il prend son envol. Il participe au lancement de nouveaux journaux, où il couvre, en véritable homme-orchestre, toute l'information multimédia, se faisant iconographe, secrétaire de rédaction, rédacteur, photographe, chroniqueur et testeur de CDRoms, de téléphonie et même d'art ménager... Aujourd'hui journaliste indépendant et passé maître en multimédia, arts graphiques, home cinema, etc., il se consacre pour plusieurs journaux à cette activité de "vulgarisateur de technologies".

Ce foisonnement pourrait lui suffire : que nenni ! L'oiseau Katz est gourmand, épris de changement et d'aventures : "j'aime m'amuser et je crois au hasard déterministe". Familier du web, il rêve de créer un site Internet sur la photo. Fin octobre 99, il contacte François Vadrot, et le 31 janvier 2000, naît Objectif Numérique, premier cyber-magazine consacré à l'image numérique. Désormais sa plume prolifique et virevoltante vient se poser, un lundi sur deux, chez FTPress : édito, fiches techniques, contenu, graphisme, c'est lui qui fait (presque) tout, assisté par ses dévoués disciples, Xavier Petit-Renaud et Damien Serain...

Ce bénédictin moderne est un bon vivant, qui ne sépare jamais travail et plaisir. Cuisinier subtil, il adore faire le marché, préparer le poisson et les fruits de mer, les légumes confits à l'huile d'olive ("le secret est dans la cuisson !"), ou les soupes de fruits : ah, sa petite recette de pêches au muscat, décorées de feuilles de menthe !

Ce qu'il dit d'Internet et des nouvelles technologies : "Un superbe outil, qui accélère l'apprentissage sur le tas, développe les liens, et exacerbe les possibilités pour les individus. Mais trop souvent, les sites restent anonymes, presque inhumains. Et l'accès à cette liberté reste conditionné par le bon vouloir d'un opérateur de télécommunication. Ne pas oublier de conserver les encyclopédies et les livres ! Et puis le danger, c'est, avec la messagerie et le portable, de vivre le temps technologique et non le temps humain."

La photo : entre l'argentique et le numérique, le Nostradamus du Pixel refuse de choisir ("j'aime les grands maîtres du noir et blanc autant que les photographes de la couleur et du numérique, avec une préférence pour certains sujets : les vues aériennes, la nature, la végétation, les gens...")

La musique : liturgique, répétitive et incantatoire, voire funèbre (Gorecki), les musiques orientales, arabes, pakistanaises, africaines, tziganes, les chants tristes et mélancoliques, les voix des chanteurs d'opéras, Léo Ferré, Phil Glass, le jazz de Jan Garbarek, le rap des Roots, le trip-hop de Portishead ou la noirceur de Placebo.

La littérature : les polars, la Science-fiction (Vermilion Sands de Balard, Echange standard de Sheckley, Le Livre des crânes de Silverberg, Jack Vance, etc.

Le cinéma : le cinéma intimiste français, les Marx Brothers, mais aussi les "grandes cavaleries américaines", les films fantastiques ou futuristes comme Alphaville, Brazil, Blade Runner.

Il aime aussi : les grands paysages, l'inactivité (!), la solitude, les ciels étoilés….. et quelques proches.

Il n'aime pas : le discours libéral, le racisme, la bêtise... et l'anis

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